Mon histoire
Remonter Mon histoire Rome 87 Entraînement Photos Palmarès Compétitions 2002-2013 Désert Cup 2001 Egypte 2004 Transmongolie 2006 LADAKH 2010 Etoile Atacama 2013 Cubanita 2014 Crête 2014 Equateur 2015 Ile d'Elbe 2016 Transbaikal 2016 Mannequin occasionnel Parité Mérite Légion d'Honneur Presse Mes Videos Mes videos Sites Amis Mon Club

 


Mon histoire

1/ Mon enfance

Je n'en garde que de bons souvenirs.

Je suis née dans une famille modeste.

Je suis la 2ème d'une lignée de 5 enfants (7 ans de différence d'âge entre la 1ère et le dernier). Nous sommes 4 filles et un garçon.

Mon père était chauffeur routier et travaillait de 15 à 18 heures par jour. Dans la semaine, je l'ai très rarement vu prendre ses repas avec nous ou passer une soirée dans son fauteuil. Il partait très tôt le matin (entre 3 et 5 h) et revenait le soir souvent après 23 h quand il ne partait pas pour 2 ou 3 jours.

Ma mère a toujours été femme au foyer. Elle s'est occupée de notre scolarité et nous habillait des pieds à la tête. Elle aurait pu être une bonne couturière.

Nous n'avons pas eu le superflu mais nous avons toujours mangé à notre faim. Nous étions une famille très unie.

 

Dans la famille, il y avait les contraintes et la discipline: respect des parents, des frères et soeurs mais aussi respect du matériel et de l'environnement. Nous avons eu une éducation stricte sans tomber dans le dirigisme et la rigidité. Mon père avait plusieurs devises. "Quand on veut, on peut" - "On n'a que ce que l'on mérite" et "comme on fait son lit, on se couche". Il était, tout comme ma mère, un "bûcheur".

 

Je me suis toujours bien entendue avec mes parents. Je ne me souviens pas de crise d'adolescence grave. J'ai beaucoup d'admiration pour ce qu'ils ont fait pour moi.

Ma mère a surveillé toute notre scolarité, c'est elle qui regardait les devoirs et les notes, qui rencontrait les professeurs.

Mon père, pour moi, c'était le chef de tribu, dans le grand sens du mot. Celui qui dirigeait, sanctionnait mais aussi celui avec qui on plaisante et on rit.

 

Je ne suis pas née dans une famille sportive, mes parents n'en ayant pas le temps. Le "sport" de mon père, c'était le jardinage et un petit élevage pour se détendre durant les jours de repos. Ma mère n'a pas eu le loisir de pratiquer un sport quelconque. Je crois que 5 enfants à la maison, c'est déjà du sport !

 

Pourtant, à l'école, j'aimais beaucoup la gym ou l'athlétisme. Mais chez moi, cela ne faisait pas partie des mœurs de s'inscrire dans un club sportif.

Mon premier sport, a été la marche de randonnée. Tous mes week-end et toutes mes vacances, je les ai passés dans un coin de campagne au-dessus de St-Etienne, dans le Parc du Pilat. Nous étions toujours en balade dans les bois et à travers champs.

A 13/14 ans, j'ai passé mes premières vacances hors de la région stéphanoise. Mes parents nous ont emmenés une semaine dans les Alpes pour les vacances de printemps. Ils nous ont loué des skis mais comme nos moyens financiers étaient très limités, nous n'avions pas pu prendre de forfaits, alors nous remontions les pistes (vertes puisque débutants) skis sur l'épaule. C'est ainsi que j'ai débuté sur les planches. Les années suivantes, j'ai pu grâce à mes petites économies prendre les remontées mécaniques.

Nous avions également un vélo et une paire de patins à roulette pour 5 : c'était chacun son tour. Bien sur, j'ai connu les disputes et les chamailleries mais la vie dans une grande famille a beaucoup de charme et a été très enrichissante pour moi.

 

Comment suis- je arrivée à la pratique de l'athlétisme ?

Grâce à ma sœur presque jumelle ( 11 mois d'écart), nous nous entendons bien. Elle pratiquait l'athlétisme en UNSS, son professeur lui avait découvert des dispositions pour le 400 m et lui avait conseillé de s'inscrire en club. Mes parents avaient accepté. Un jour de 1970, elle m'emmena sur le stade et c'est ainsi que depuis j'use mes chaussures sur les pistes, les chemins et les routes.

 

En dehors, j'étais bien entendu scolarisée. J'ai suivi des études normales jusqu'en 3ème, puis orientation dans la filière professionnelle où je passe un CAP et un BEP comptabilité. Je m'inscris au BAC Compta. Je fais la rentrée, passe 2 mois en cours tout en faisant les petites annonces et des demandes d'emplois. Je fais 2 essais en entreprise. Le 2ème est le bon. Je suis engagée au service du personnel d'une entreprise de 220 personnes, le 31/10/1972. Le boulot me plaît. Le contact avec les gens et la vie au travail me plaisent et surtout, je suis devenue financièrement indépendante.

C'est une étape très importante dans ma vie. J'ai 18 ans et une grande envie de vivre.
Je vis toujours chez mes parents. Il m'est difficile de m'installer "chez moi".

Désormais, débarrassée des contraintes scolaires, j'ai plus de temps libre. Je continue toujours l'athlétisme mais de façon plutôt "touriste".

Je vais à l'entraînement pour retrouver les copains. Je participe aux compétitions pour faire partie d'un groupe. La performance n'est pas primordiale.

L'athlétisme est ma façon de m'émanciper et de laisser peu à peu le cocon familial, de me faire des relations qui pour certaines sont encore présentes et sont basées sur une grande amitié qui dure depuis maintenant 30 ans.

De 70 à 78, la performance ne sera pas un but, d'ailleurs je ne dépasse pas le niveau interrégional.

A cette époque, je n'ai jamais eu d'entraîneur sur une durée assez longue pour espérer faire un travail approfondi. Les entraîneurs se succèdent et pourtant le groupe de cadets/juniors perdure justement parce que nous étions un groupe très uni.

 

Entre temps, je me suis mariée avec un copain d'athlé. En 79, naît ma fille et en 81, mon fils.

L'envie de recourir, de retrouver l'ambiance du stade, de l'athlétisme et des copains est très forte, même mariée et mère de famille.

Je reprends donc les footings et nous décidons mon mari et moi que désormais c'est lui qui serait mon entraîneur.

 

2/ Mon conjoint.

 

Michel, il est instituteur.

Il a été mon unique entraîneur. Je n'ai jamais trouvé une personne compétente assez intéressée par une "petite" athlète, pour prendre le temps d'essayer de me faire progresser. Peut-être, qu'aussi je n'en avais pas la volonté alors que je l'aurai lorsque mon mari "prend en main" mon entraînement.

Il est la personne qui me connaît le mieux et c'est tout naturellement que nous avons fait le pas du mari entraîneur et athlétisme famille. Il est très intéressé par le demi-fond et fond, alors qu'il était sprinter. Il est passionné par tout ce qui touche à l'entraînement et la physiologie. Il se documente beaucoup et c'est lui qui va me faire un plan sur mesure pendant 15 ans, qui me permettra de progresser et d'arriver à une médaille mondiale et une participation aux Jeux Olympiques ainsi qu'une série de titres et médailles.

Je pense qu'il a su détecter, à force de me voir courir, mes qualités physiques et qu'il connaît mes forces et faiblesses psychiques.

 

3/ Mes enfants

 

J'ai deux enfants, Stéphanie et Jérôme. Ils sont grands aujourd'hui mais lorsque j'ai commencé à pratiquer beaucoup plus sérieusement, ils étaient des bébés. J'ai repris l'entraînement en Juillet 81 et tout ce qui concerne mon activité athlétique a toujours tourné autour d'eux. Je n'ai pas voulu sacrifier leur vie et ne pas les voir grandir.

De 81 à 85, je n'avais pas de travail. J'ai donc été maman au foyer. Mes enfants absorbaient une grande partie de ma vie. Ils seront scolarisés l'un après l'autre d'abord en demi-journée, puis toute la journée.

J'organise mon entraînement autour de leur emploi du temps. Le matin, je les emmène à l'école et je pars courir à 8 h 30. Je rentre, occupation ménagère oblige. A midi, ils mangent toujours à la maison. L'après-midi, je cours vers 15 h donc je suis disponible lorsque mes enfants reviennent de l'école et ainsi mon mari qui court aussi peut aller s'entraîner.

Plus ils grandissent et plus les contraintes diminuent. Après avoir essayé beaucoup de sport, tennis, vélo, basket, rock, ils ont également pratiqué l'athlétisme. Ma fille en demi-fond, mon fils sprint/saut.

Jamais nous n'avons forcé nos enfants à pratiquer l'athlétisme.

Ils ont néanmoins pratiqué également à un bon niveau :

Stéphanie a été Championne de France Junior de 10km sur route à Arras en 1996 alors qu’elle n’était que Cadette.

Jérôme lui est devenu sprinter comme son père et a été 4ème Cadet des Championnats de France d’athlétisme sur 300m en 1998 et 7ème Junior des Championnats de France d’athlétisme sur 400m en 2000.

Actuellement, ils ne pratiquent plus ni l’un ni l’autre.

 

4/ L'organisation familiale

 

L'organisation de l'entraînement tourne autour de toute notre vie familiale.

Nous sommes très organisés en fonction des enfants et de leurs scolarités, des vacances, du travail de mon mari puis du mien après 1985.

Il y a aussi nos familles, parents, frère et sœurs, amis et copains. 

Tous les hivers, nous faisons du ski de piste. Jamais, je n'ai voulu abandonner ce sport qui pour moi représente, la nature, l'espace, la liberté. Petite anecdote, l'année durant laquelle j'ai fini 6ème au championnat de France de cross et ai été sélectionnée en Équipe de France, j'étais au ski la semaine précédente !!

L'été, nous faisons du vélo, des balades et un peu de natation.

 

Au fur et à mesure de l'évolution de mes performances et de ma carrière sportive d'autres contraintes apparaissent.

Je pars faire des compétitions à l'extérieur de mon département et ma région. Aussi, mon mari entraîneur est confiné au rôle de papa, nounou, mais aussi doit assumer les tâches ménagères essentielles, par exemple les repas. 

Lorsque je pars en compétition à l'étranger pour des périodes de 4 jours jusqu'à 3 semaines, il assume toutes les tâches de la maison et s'occupe des enfants.

Cette organisation a toujours été pensée, préparée et partagée.

Lorsque je ne suis pas là, mon mari fonctionne à la manière d'une famille monoparentale. Dans les périodes où je suis à la maison, j'organise mes journées en fonction des enfants et de mon mari.

Jamais, nous n'avons eu une aide à la maison. Quelquefois, nous avons fait appel aux parents pour une aide d'une journée mais nous sommes toujours restés très indépendants et responsables.

 

5/ Les stages

J'ai participé à beaucoup de stages FFA. Cependant, cela ne m'a jamais posé de problèmes. Généralement, ces stages ont lieu en période de vacances et avec un mari enseignant, nous pouvions aller en stage tous les 4. Moi, à la charge de la FFA et le restant de la famille à notre charge.

Ce qui nous a permis de faire par exemple des stages de 3 semaines à Font-Romeu pendant l'été. En fait stage vacances car en dehors des entraînements et des soins (massages etc..) lors desquels nous nous regroupions, chaque athlète était libre de son temps.

J'ai aussi souvent fait des stages "personnalisés", c'est à dire dans un coin, avec seulement mon mari-entraîneur et mes enfants pour préparer certains rendez-vous dans le calme et la sérénité familiale. Cela m'a rapporté énormément sur le plan athlétique et au niveau psychologique, qualité indispensable pour une athlète de haut niveau et surtout une marathonienne. Cela renforce les qualités mentales de savoir courir seule.

 

6/ Les compétitions

Plus j'évolue en performance et plus je participe à des compétitions à travers la France tout d'abord. Nous nous déplaçons pratiquement toujours tous les 4. Pour les compétitions à l'étranger, c'est plus difficile, cependant notre petite famille est allée 3 fois à NEW YORK pour le marathon. Ils étaient également à STUTTGART lors du Championnat d'Europe 86, au camping, en toile de tente sous des orages journaliers pendant une semaine. Ma fille avait alors 7 ans et mon fils 5.

 

7/ Les entraînements

Même lorsque je ne recherchais pas la performance, j'ai toujours eu du plaisir à courir. Jamais les entraînements n'ont été pour moi une contrainte, un problème psychologique, me dire : "il faut que tu le fasses". Bien sur, il m'est arrivé d'être fatiguée. Ces jours là, je quittais les chaussures et je restais à la maison mais j'ai aussi couru par des temps épouvantables parce que cela ne me gênait pas et que je me sentais bien. D'ailleurs même après des années, alors que les performances régressent, je fonctionne de cette manière.

L'athlétisme est avant tout un plaisir et une passion. Je n'ai jamais considéré cela comme un job, même si j'y ai mis toute mon ardeur pour réussir et que cela a beaucoup occupé mon temps.

 

J'ai été au-delà de mes espérances et de celle de beaucoup d'athlètes à savoir : j'ai participé aux J.O. aux Championnats d'Europe et du Monde, à beaucoup de grands rendez-vous athlétiques et cela a suffi à contribuer à mon bonheur. De plus, j'ai eu l'immense joie de remporter une médaille mondiale.

 

8/ L'emploi

 

J'ai mis les pieds dans la vie active à l'age de 18 ans. Je voulais travailler, pour gagner de l'argent et être indépendante, tout en restant chez mes parents.

Je suis restée 6 ans dans la même entreprise - secrétaire comptable au service du personnel. Je m'occupais de la paie et des papiers administratifs du personnel. Un travail intéressant et en contact permanent avec les employés.

J'ai été licenciée pour raison économique car l'entreprise a fermé ses portes.

Je me suis retrouvée au chômage. J'ai connu la galère des lettres de recherche d'emploi auxquelles personne ne prend la peine de répondre. J'ai aussi connu des contrats à durée déterminée à l'ASSEDIC !! Puis de nouveau le chômage.

J'ai fait une impasse pour élever mes deux enfants.

Depuis 1986, je suis employée municipale à la ville de St-Etienne - ma ville. Je suis employée comme agent administratif. J'ai bénéficié d'un contrat d'athlète de haut niveau "élite" et "senior" de Décembre 1987 à 1994 puis "reconversion".

J'ai bénéficié d’une convention ministère Jeunesse et Sports/mairie, d'athlète de haut niveau mais d'aucune promotion particulière. Durant mon contrat de reconversion, j’ai passé mes brevets d'état 1er et 2ème degré . J’espérais que cela aboutisse à une nouvelle évolution de ma carrière professionnelle, malheureusement cela n’a pas été le cas.

J’ai également réussi en 1998 (à 44 ans) le concours d’entrée en formation Professorat de sport Haut Niveau, en compagnie par exemple de Félicia Ballanger et Florian Rousseau, ce qui m’aurait peut-être permis de devenir cadre technique. J’étais la seule en athlétisme. Je n’ai pas eu droit à un congé reconversion. Il me fallait donc rester deux ans en congé sans solde. Avec deux enfants étudiants, c’était impossible. J’ai demandé de l’aide (entre autre à la FFA) mais je n’ai obtenu que des refus. Il m’a même été demandé pourquoi je voulais devenir cadre technique dans l’athlétisme alors que j’avais déjà du travail !!!!!     J’ai donc abandonné et je suis amère quand je vois maintenant que les autres admis à ce concours sont maintenant cadres dans leurs fédérations respectives.

Mais y-a-t-il de la place en Athlétisme pour les athlètes en fin de carrière sportive ou en reconversion qui souhaite s'investir dans un sport qu'ils ont pratiqué et qu'ils aiment passionnément ?

 

10/ Mon parcours sportif

 

De 1970 à 1979 - athlétisme au niveau régional et interrégional avec des récompenses par équipe avec mon club.

De 1970 à 1987 - licenciée au COQUELICOT ST ETIENNE.

J'ai participé à toutes les compétitions par équipe : cross - interclubs - relais

De 1983 à 1995 - athlétisme au niveau national et international.

22 sélections Équipe de France

En 1984, j'étais au chômage et je me suis lancée à fond dans l'athlétisme. Avec le soutien de mon mari qui a vraiment cru en mes capacités.

De 1991 à 1996 - licenciée à ÉCLAT ST ETIENNE puis à ATHLE 42 ST ETIENNE (en fait le même club à la suite de la fusion entre 3 clubs stéphanois.

1997 - Licenciée individuelle : J’ai quitté mon club car je n'étais plus d'accord avec la nouvelle politique "élitiste" du nouveau club.

 

Mon Palmarès

1983 - 2 H 50'09" au marathon

1984 - Championne de France sur 10000m - Championne de  France sur 25 km route

        - Sélectionnée au Championnat du Monde de  10   km   route  (25ème)

1985 - 6ème du Championnat de France de cross - Sélectionnée  au Championnat du Monde

        - 4ème par Équipe au Championnat du monde de cross  à  LISBONNE

        - Vice-championne de France sur 10000m

        - Vainqueur du marathon de Marseille en 2 H 37'59"

        - 3ème au marathon de Montréal en 2 H 35'49"

        - Championnat du monde de 15kms route GATESHEAD

1986 - 2ème au marathon de PARIS en 2 H 32'22"

        - Sélectionnée en Équipe de France sur 25Kms route

        - Championne de France et recordwoman de France sur 10000m

        - Meeting International d'Oslo sur 10000m

        - 5ème au CHAMPIONNAT D'EUROPE à STUTTGART  sur  marathon

        - 4ème au marathon de NEW-YORK en 2 H 32'52"

        - 4ème par équipe au Championnat du Monde de  15Kms  route LISBONNE

1987 - Médaille de Bronze avec l'Équipe de France à la  Coupe du Monde de marathon à SEOUL

        - Vainqueur du marathon des Hauts de Seine

        - Championne de France sur 10000m

        - 1ère avec l'Équipe de France au match International  sur   15Kms

        - Médaille de Bronze au marathon des CHAMPIONNATS DU MONDE à ROME

        - 3ème au marathon de NEW-YORK en 2 H 32'03"

        - Meilleure performance française sur 25Kms en 1 H 25'54"

1988 - Médaille d'Argent avec l'Équipe de France à la  coupe d'Europe de marathon

        - Vice-championne de France sur 10000m en 32'51"

        - 1ère avec l'Équipe de France au match International  de  15Kms (3ème individuellement)

        - 10ème au Championnat du Monde de 15kms  à  ADÉLAÏDE  (AUSTRALIE)

        - 19ème au marathon des JEUX OLYMPIQUES de SEOUL

1989 - 6ème avec l'Équipe de France à la Coupe du Monde  de   marathon à MILAN

-Vainqueur et capitaine avec l'Équipe de France de la Coupe d'Europe B d'Athlétisme à STRASBOURG

1990 - Sélectionnée au Championnat du Monde des 15Kms  à   DUBLIN

         - 6ème au marathon de NEW-YORK

1991 - Sélectionnée à la Coupe du Monde de marathon à LONDRES

         - Sélectionnée au Match International sur 15Kms en  HOLLANDE

         - Championne de France sur 25kms

       - 3ème au Championnat de France sur 10000m

1992 - Sélectionnée au Championnat du Monde de semi-marathon

1993 - Blessée

1994 - Marathon de Paris 2 H 41'16"

         - Sélectionnée au Championnat d'Europe (non participation)

1995 - Sélectionnée à la Coupe du Monde de marathon à ATHENES

         - 5ème Championnat de France de  semi-marathon  1H 13'34   (record personnel)

         - Sélectionnée aux Championnats du Monde  de  semi-marathon à SOCHAUX

1996 - Championne de France vétérane 10kms route à ARRAS

         - Championne de France par équipe 10kms route

1997 - 3ème au championnat de France de 10 km  catégorie   vétérane à Aix-en-Provence

         - Championne de France vétérane de semi- marathon à St-Denis    

1998 - Sélection match Vétéran FR/GB/PB/BELG - Vainqueur  du  5000m

        - 3ème Championnat de France semi-marathon GRENOBLE  catégorie vétérane

2001 - 2ème de la Désert Cup épreuve de 168 km en autonomie alimentaire à travers le désert jordanien jusqu'à la cité troglodyte de PÉTRA

2002 - Marathon du Mont Saint-Michel 3h00'55''

            - Marathon de New-York 3h3'14"  2ème catégorie 45-50 ans

11/ Sponsoring

 

Depuis 1984, je n'ai connu qu'un seul sponsor concernant mon équipement sportif: NIKE. Je suis restée fidèle malgré de nombreuses autres propositions.

J'ai été soutenu pendant 5 ans par le Conseil Général de la Loire. Lorsque j'ai eu ma médaille au Championnat du Monde en 1987, j'ai été la première athlète à bénéficier d'un partenariat avec le département.

J'ai eu aussi un sponsor privé : la société stéphanoise NOVELASTIC qui fabrique des protections (genouillères, coudières, ceintures, etc.).

J'ai participé avec le directeur commercial à l'élaboration d'un des premiers soutien gorge pour  sportives. Ce fut une expérience très intéressante. Nous avons "mis au monde" un produit qui n'existait pas. Cet article est désormais courant sur le marché.

J'ai bénéficié également comme beaucoup de sportifs français de la P.O. (préparation olympique) aide spécifique pour préparer  les grands rendez-vous.

J'ai aussi eu un contrat avec mon club pendant 2 ans en 1988 et 1995.

 

12/ Les relations

 

Mes attaches familiales sont très étroites et représentent une part de mon équilibre. 

J'ai voulu que ma vie avec mon mari et mes enfants soient l'image de ce que j'ai vécu dans mon enfance.

C'est à partir de ces bases que j'ai pu pratiquer l'athlétisme dans les meilleures conditions psychologiques et je pense, une bonne solidité morale.

 

J'ai de nombreux amis, certains depuis plus de vingt ans et nous avons toujours gardé les mêmes relations que lorsque je n'étais qu'une "petite" athlète. Rien n'a changé dans nos rapports. Je me suis toujours sentie soutenue par cette amitié.

Certains habitent ma ville mais d'autres vivent dans des régions éloignées. Ce sont des relations très fortes, au départ des copains de course qui sont devenus de très grands amis.

D'autres n'appartiennent pas au milieu athlétique mais nous nous connaissons depuis si longtemps que le fait d'être à haut niveau n'a pas changé notre amitié.

 

Il y a aussi les liens que l'on se crée lorsque l'on est en Équipe de France. J'ai de très bonnes relations avec mes anciennes coéquipières du marathon. Nous sommes toujours en contact.

 

Il y a eu aussi les copains de club. Je dirai que les relations ont été plus difficiles. J'ai connu la franche camaraderie, la jalousie, l'hypocrisie et même parfois la méchanceté.

Chacun étant impliqué dans "son" athlétisme, il est parfois difficile de se comprendre  sans se regarder  du coin de l'œil. Aussi les données sont faussées.

Mais, il y a heureusement beaucoup des personnes avec qui le courant passe très bien et avec qui on peut faire un bout de chemin .

 

3 - Au plan fédéral : J'ai eu en général de bonnes relations avec la fédération. Étant d'un caractère assez direct, je me suis toujours appliquée à dire aux gens, élus, entraîneurs, DTN ou Président quel était le fond de ma pensée, j'ai toujours donné mon avis même lorsqu' il ne coïncidait pas forcément avec celui des instances fédérales. Il y a eu des tensions parfois mais cela existe aussi dans la vie de tous les jours.

J'ai aussi eu des déboires par exemple en 1992 lorsque la Fédération a créé un collectif ‘’France Marathon’’ dans lequel je ne figurais pas alors que j’étais médaillée mondiale et que certains membres de ce collectif n’avaient jamais participé à un marathon.

 

13/ La motivation

Pourquoi me suis-je investie avec autant d'énergie dans l'athlétisme pour arriver au plus haut niveau jusqu'à décrocher une médaille mondiale et participer aux Jeux Olympiques et autres grands rendez-vous mondiaux alors que pendant une douzaine d'année je n'ai fait de l'athlétisme que par plaisir et pour les copains.

Parce qu'à une époque de ma vie, je me suis retrouvée éloignée de la vie sociale. J'étais mariée, mère de famille mais j'étais devenue  "chômeuse". Nous avions des difficultés financières mais une grande fierté et une indépendance à laquelle nous sommes très attachés, d'où une impossibilité à demander de l'aide à nos parents.

C'est par besoin personnel, besoin d'exister autrement, besoin d'être reconnue, besoin de faire voir aux miens, à mon mari, mes enfants, mes parents que je pouvais arriver à faire quelque chose de bien, de très bien.

Je voulais aussi exister socialement par l'intermédiaire du sport. Exister matériellement et aussi exister physiquement, être en forme me sentir bien dans ma peau. Être Moi.

 

                                    LE BILAN

Ma carrière sportive m'aura apportée de très grandes joies, que jamais je n'aurai espérées. Jamais étant très jeune, je n'aurai pensé décrocher une médaille mondiale, aller aux Jeux Olympiques ni participer à tous les grands championnats.

Une très grande peine et un immense sentiment d'injustice en 1994 , que je garde dans un coin de ma mémoire.

J'aurai acquis par ma pratique une grande patience, une stabilité, un équilibre. Lorsque l'on fait du haut niveau, il faut être tenace, têtue. J'ai appris ce qu'était l'échec, la discipline de vie, la qualité de vie.

J'ai pu connaître de nombreux pays. Rencontrer de nombreuses personnes.

 

J'ai vécu un rêve. Peu de gens ont cette chance inouïe de pouvoir vivre une passion et de pouvoir en garder des images irremplaçables et aussi intenses en émotion.

 

A l'heure du bilan, je n'aurai aucun regret si ce n'est de ne m'être investie sérieusement qu'à 27 ans passés et celui de n'être pas passée sous les 2 h 30' au marathon.

 

Ma vie d'athlète a été une très grande et très heureuse aventure.